How Good is #1

How Good is #1

How good is INK « Leviathan » ?

 

Didier « doc » Pilot, figure iconique de la scène tourangelle avait confié en 2017 au journal TMV : « Je ne sais pas s’ils ont gagné le tremplin ; je m’en fous. Mais je sais que dans l’année à venir, il faudra compter avec Ink » lors d’un concert aux 3’Orfèvres.

 

Un an après cette victoire, Ink sort son premier EP « Leviathan » retraçant les mémoires d’un tueur en série. Un album autant énergique qu’empreint d’une certaine mélancolie, on serait presque pris de sympathie pour cet antihéros sanguinaire.

 

« C’est un fait divers brutal qui ouvre notre flash d’information, une jeune femme de 19 ans a été retrouvé morte ce matin(…)les victimes ont toutes été étranglés avec une corde(…)un surnom dans la presse : Le tueur à la corde. »

 

Dès ce prélude, Ink annonce en quelque sorte ce qui allait être le synopsis de ce polar musical, mais comment mettre cela en musique ? Si la tâche peut paraître ardue, elle a néanmoins été brillamment orchestrée sous différents aspects.

 

 

Cet album se place comme une véritable ode aux années 90′. Musicalement, on reconnaît aisément l’utilisation de riffs qui, non sans rappeler certains groupes emblématiques de cette periode comme Rage against the machine, alterne avec des parties plus nuancées.
La construction des morceaux est comparable à ces nombreux thrillers de cette même période, à la manière du cliffhanger cinématographique, un climax est atteint en fin de morceau pour marquer l’évolution du personnage sur l’état de ses névroses.

 

Dans le détail, c’est bien l’utilisation d’un procédé musical pour mettre en musique des émotions, sentiments qui est favorisé : le figuralisme. L’affectation des deux guitares notamment qui, à l’instar de l’esprit torturé, schizophrène de notre antagoniste vont se chevaucher, dialoguer, on les retrouve rarement à l’unisson et chacune prenant à leur tour l’ascendant sur l’autre.

Ajouté au duo basse/batterie qui va poser les bases d’une ambiance pesante, sinistre, qui sera adopté en majorité tout en permettant de faire ressortir des rares passages aériens, véritable bouffée d’oxygène pour mettre en lumière la consécration des méfaits de notre tueur.
Enfin, le chant est tout aussi significatif, se voulant le porte-parole de l’assassin, on comprend facilement les différents aspects de sa personnalité torturée entre une vie rangée et ses désirs macabres, avec en particulier l’alternance du chant grave/aiguë.

 

Ce sont ces différents paramètres musicaux qui, associé à un visuel proposé par l’artiste Vaderetro, place « Leviathan » comme une invitation à la compréhension de la part obscure de chacun.
Par sa dimension intimiste, il pourra plaire, pas seulement aux aficionados de rock, mais bien à un public plus large dans sa manière de véhiculer de nombreuses émotions. C’est pourquoi chez Beargrass il nous tenait à cœur de vous présenter ce groupe qui prépare déjà un tome 2 sur ce désormais célèbre, tueur à la corde… affaire à suivre !

 

*La pépite de la prod : Fascination, dernière track de l’EP

Texte : Axel S.
Mise en page : Aurélien B. 
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